Le gouvernement conservateur tente de réduire les organisations de femmes au silence

En septembre 2006, l'ANFD a été forcée de fermer ses portes durant quelques semaines suite aux délais dans l'approbation de notre demande de financement auprès de Condition féminine Canada. Le 22 septembre, nous avons été très soulagées d'apprendre que l'honorable Beverley Oda, ministre responsable de la Condition féminine, confirmait notre financement, mais pour une période de douze mois seulement.

Toutefois, le 25 septembre, le gouvernement annonçait des coupures de 5 millions de dollars au budget de Condition féminine Canada (CFC). Ces coupures n'affecteront pas directement le Programme de promotion de la femme, qui finance l'ANFD et d'autres organisations de femmes. Mais elles réduiront gravement la capacité de CFC à commander des recherches indépendantes, visant à s'assurer de la prise en compte par les autres ministères de l'impact sur les femmes de leurs politiques et à faire rapport aux Nations Unies quant aux engagements internationaux du Canada envers les femmes.

Le 2 octobre, l'ANFD, l'AFAI et d'autres organisations nationales et provinciales ont tenu une conférence de presse à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Nous avons demandé aux ministres responsables de la Condition féminine de tout le pays de protester contre cette coupure budgétaire. Une déclaration conjointe a été présentée aux ministres, et nous avons bon espoir que plusieurs d'entre elles alerteront le gouvernement fédéral à cet enjeu. À cette occasion, l'ANFD a rédigé un communiqué de presse qui fait état de l’importance de soutenir le travail des organisations de défense des droits des femmes.

Le 2 octobre, les organisations de femmes apprenaient également que le Programme de promotion de la femme avait été officiellement renouvelé le 27 septembre pour une période de cinq ans. Le gouvernement a toutefois radicalement transformé son mandat. CFC ne financera plus de projets de défense de droits et de lobbying.

Le 3 octobre, l'ANFD et d'autres organisations oeuvrant pour l'égalité, rencontraient la ministre Oda pour lui faire part de leur profonde déception face à cette nouvelle politique. Un communiqué de presse a été émis le 4 octobre.

Une campagne pan-canadienne d'un mois qui culminait le 10 décembre, Journée internationale des droits de la personne et 25e anniversaire de la ratification par le Canada de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), prenait un nouvel élan lorsque le gouvernement Harper annonçait la fermeture de 12 des 16 bureaux régionaux de Condition féminine Canada.

Le 1er décembre, l'ANFD faisait parvenir une lettre à Harper pour le prier de poursuivre activement la réalisation progressive des droits humains des femmes. Le 6 décembre, l'ANFD donnait son opinion au Comité permanent sur la Condition féminine concernant les changements au Programme de promotion de la femme. Le 10 décembre, la Coalition pour l'égalité des femmes organisait à Ottawa un ralliement en faveur de l’égalité, des droits humains et de l’accès des femmes au gouvernement et aux cours de justice. Juste avant celui-ci, au Club des journalistes d’Ottawa, l'ANFD et ses partenaires de la coalition rendaient publique la Déclaration du 10 décembre pour l’égalité et les droits humains, appuyée par des centaines de groupes locaux, provinciaux et nationaux, et envoyaient un message clair au gouvernement Harper: renversez les coupures, défendez les droits à l’égalité!