La défense de provocation

L’ANFD recommande l’abolition de la défense de provocation en autant que les peines d’emprisonnement minimales obligatoires dont sont punissables le meurtre et les infractions comportant l’usage d’une arme à feu soient également abolies.

71% de toutes les femmes victimes d’homicide sont tuées par leur partenaire intime. Le plus souvent, les hommes tuent des femmes parce que celles ci les quittent ou tentent de mettre fin à la relation. L’attaque est la dernière affirmation du contrôle de l’homme sur la femme. Par contre, les femmes sont plus susceptibles de tuer leurs partenaires en réaction à la violence exercée par ceux ci.

La défense de provocation repose sur l’idée que la victime a « amené » le meurtrier à perdre la maîtrise de lui même. Il s’agit d’une tentative insidieuse de rejeter sur les femmes la responsabilité de la violence masculine. Devant les tribunaux, n’importe quelle manifestation de l’autonomie d’une femme son besoin d’indépendance, de dignité et de sécurité – peut être considérée comme une insulte de nature à provoquer une attaque meurtrière.

L’ANFD a dénoncé les stéréotypes sexistes du droit qui permettent que la responsabilité pour la violence masculine soit rejetée sur le comportement des femmes.

Mémoire de l’ANFD sur la défense de provocation: arrêtons d’excuser la violence contre les femmes
(Avril 2000)
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