Femmes et Fiscalité

En 1995, le gouvernement a procédé aux plus importantes réductions de dépenses de l’histoire canadienne contemporaine. Suite à ces réductions, plusieurs femmes ont beaucoup souffert au plan économique.

S’est amorcé ensuite une ère de prospérité économique pour le gouvernement fédéral. Toutefois, les politiques de dépenses fédérales des dix dernières années n’ont rien fait pour aider les femmes et d’autres groupes vulnérables, bien au contraire.

Lorsqu’elles ont témoigné devant le Comité des finances, les expertes sur la fiscalité de l’ANFD ont fait la démonstration que le budget fédéral de 2005 pourrait, de façon réaliste, prévoir plus d’argent pour les programmes sociaux. Elles ont également expliqué aux membres du Comité comment des modifications à la Prestation fiscale canadienne pour enfants et aux crédits d’impôts pour les personnes handicapées pourraient améliorer le niveau de vie des femmes.

Lors de la présentation des derniers budgets fédéraux, les réductions d’impôts ont constitué une priorité pour le gouvernement. Cet engouement pour les réductions d’impôt repose sur l’idée qu’il vaudrait mieux conserver une plus grande partie de notre revenu et s’occuper de nous-mêmes plutôt que d’avoir accès à des services et des programmes publics.

Toutefois, pour beaucoup de femmes, cette « capacité accrue » de dépenser et d’investir engendrée par des réductions d’impôt est illusoire. Entre-temps, l’absence de services et de programmes sociaux dirigés vers les enfants et les personnes aînées a des répercussions directes pour les femmes.

L’ANFD était également préoccupée par le Crédit d’impôt pour aidants naturels. Il s’agit d’un exemple classique de la fausse prémisse de la politique fiscale voulant que la sécurité économique des femmes puisse être assurée en octroyant des bénéfices à leur mari.

Aujourd’hui, plusieurs pays tel le Royaume-Uni, l’Écosse, l’Australie, l’Afrique du Sud et Sri Lanka reconnaissent l’importance d’élaborer des politiques fiscales qui tiennent compte des différences entre les sexes.

Malgré son engagement formel en faveur d’une analyse comparative entre les sexes, le Canada traîne la patte en matière d’analyse comparative entre les sexes lorsqu’il s’agit du budget fédéral. N’est-il pas temps que le Canada commence à tenir compte de l’impact du budget fédéral sur les femmes?

11 août 2004
L’ANFD a écrit au Ministre des Finances pour souligner l’importance d’élaborer des politiques fiscales qui tiennent compte des différences entre les sexes.
[Cette lettre est disponible en anglais seulement.]